Marché des paiements : les revenus des banques risquent de chuter
de 280 milliards de dollars d’ici à 2025
 
Mais avec l’essor des paiements digitaux, elles peuvent aussi exploiter une manne de 500 milliards de dollars si elles adoptent des business models innovants
 
PARIS, le 22 janvier 2020 – Selon un nouveau rapport Accenture, les banques risquent, à l’échelle mondiale, de perdre jusqu’à 15% des revenus liés aux paiements (soit 280 milliards de dollars américains). En cause : la concurrence d’acteurs n’appartenant pas au secteur bancaire classique et l’essor des paiements digitaux, de plus en plus instantanés, invisibles et gratuits.  
 
Le rapport révèle que les revenus mondiaux générés par les paiements enregistreront une croissance annuelle probable de 5,5%, passant ainsi de 1500 milliards de dollars en 2019 à plus de 2000 milliards de dollars en 2025. Mais seules les banques qui sauront adapter leurs business models en adoptant les technologies les plus récentes et en mettant l’accent sur la fourniture de services à valeur ajoutée capteront une part de cette croissance incrémentale des revenus – une manne de 500 milliards de dollars.
 
Intitulé « Banking Pulse Survey: Two Ways To Win », le rapport s’appuie sur un modèle d’analyse revenu-risque développé par Accenture. L’objectif : évaluer les évolutions dans les comportements de paiement des consommateurs, ainsi que les changements attendus en matière de technologie, de réglementation, ou encore dans le comportement des commerçants. En complément, l’étude s’appuie sur une enquête menée auprès de 240 cadres dirigeants en charge des paiements dans des banques réparties dans 22 pays. L’enquête a permis de cerner les méthodes qu’ils prévoient de mettre en œuvre pour limiter les risques liés à la disruption sur le marché des paiements, et comment ils prévoient de capitaliser sur celle-ci pour doper leurs revenus, leur rentabilité et la fidélité de leurs clients.
 
Pour Stéphane Ray, responsable des Paiements Innovants et de l’Open Banking chez Accenture, « Au lieu d’être positionnées à l’avant-garde d’un marché des paiements en plein essor, les banques ressentent la menace que représentent leurs nouveaux concurrents et assistent à la compression de leurs marges. Nous nous dirigeons inévitablement vers un monde où les paiements rimeront avec instantanéité, invisibilité et gratuité. C’est un vrai défi pour les banques qui risquent de se voir reléguées à un rôle de plombier des paiements mais c’est aussi l’occasion pour elles de miser sur de nouveaux business models basés sur cette vague digitale. »
 
Le rapport souligne qu’au cours des six prochaines années, les revenus bancaires provenant des transactions et des frais de cartes bancaires seront soumis à une pression grandissante, les services de paiement gratuits menaçant 8% de ces revenus. A cela s’ajoute la concurrence des acteurs non bancaires sur les paiements invisibles - paiements via des « porte-monnaie virtuels » intégrés à des applications ou des appareils mobiles – qui risquent de capter 3,9% des revenus des banques.
Enfin, la perspective d’un remplacement d’une partie des paiements par cartes par des paiements instantanés (qui donnent lieu au règlement et au transfert des fonds en temps réel, et ne génèrent peu ou pas d’intérêts pour les banques) met à risque 2,7% supplémentaires.
 
Tout cela dans un contexte où les revenus bancaires provenant des transactions et des frais de cartes bancaires sont en recul, les réglementations conduisant à une compression des frais bancaires, et la technologie remplaçant les banques sur le marché des paiements. Entre 2015 et 2018 déjà, les revenus liés aux transactions de cartes de crédit professionnelles s’effondraient de 33%, ceux liés aux transactions de cartes de débit pour particuliers chutaient de 15%, et ceux liés aux transactions de cartes de crédit pour particuliers enregistraient une chute de près de 12%.
 
L’étude montre que les acteurs du secteur bancaire ont conscience des défis que soulèvent les nouvelles technologies sur le marché des paiements. Plus de deux tiers (71%) des cadres interrogés reconnaissent que la tendance des paiements est à la gratuité ; près de trois quarts d’entre eux (73%) pensent que la plupart des paiements sont déjà invisibles ou le deviendront dans les 12 prochains mois ; et ils sont encore plus nombreux (78%) à affirmer que les paiements sont déjà instantanés ou le deviendront dans les 12 prochains mois.
 
« Avec l’essor du digital, les banques devront radicalement revoir la composition de leurs revenus », estime Ludovic Tran, Directeur exécutif chez Accenture. « Les canaux qui leur assuraient jusqu’ici des milliards de dollars de revenus vont disparaître. À l’avenir, pour réussir, les banques devront mettre au point de nouveaux business models digitaux à grande échelle, où le paiement en un clic sera la norme, et où l’objectif sera de proposer des expériences client fluides, pratiques et sécurisées. »
 
Face à ces défis majeurs, près de 18% des sondés affirment que la première priorité pour les banques consiste à garantir la sécurité des transactions de paiement. Et pour près d’un quart des participants (22%), l’intelligence artificielle, la robotique, le machine learning et les hubs de paiement innovants font partie des plateformes technologiques dont ils ne pourront pas se passer pour adapter leurs systèmes centraux à des flux de paiement très rapides et continus.
 
À propos de l’enquête
Accenture a mené une enquête en ligne auprès de 240 cadres dirigeants en charge des paiements pour les particuliers et les entreprises. Établis sur les quatre continents, les participants représentaient les plus grandes banques et opéraient dans les pays suivants : Allemagne, Australie, Brésil, Canada, Chine (continentale et Hong Kong), Danemark, Émirats arabes unis, Espagne, États-Unis, Finlande, France, Inde, Indonésie, Italie, Japon, Malaisie, Mexique, Norvège, Royaume-Uni, Singapour, Suède et Thaïlande. L’enquête s’est déroulée entre le 14 février et le 10 mars 2019. La marge d’erreur globale est de +/- 1,55 point de pourcentage, au point médian d’un intervalle de confiance de 95 %.
 
À propos d’Accenture
Accenture, un des leaders mondiaux des services aux entreprises et administrations, propose une large gamme de services et solutions en stratégie, conseil, digital, technologie et gestion déléguée d’opérations. Combinant son expérience et son expertise dans plus de 40 secteurs d’activité et pour toutes les fonctions de l’entreprise - en s’appuyant sur le plus grand réseau international de centres de services - Accenture intervient à l’intersection de l’activité de ses clients et de la technologie pour les aider à renforcer leur performance et créer de la valeur sur le long terme pour leurs parties prenantes. Avec 505 000 employés intervenant dans plus de 120 pays, Accenture favorise l’innovation pour améliorer notre environnement de demain. Site Internet : www.accenture.com/fr.
 
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